La loi Lemoine (loi du 28 février 2022) permet de changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment : depuis le 1er juin 2022 pour les nouvelles offres, depuis le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours. Le nouveau contrat doit offrir des garanties équivalentes. La banque a 10 jours ouvrés après réception du nouveau contrat pour répondre et ne peut modifier ni le taux ni les conditions du prêt. Pas de questionnaire de santé si la part assurée n'excède pas 200 000 € par personne et si le prêt finit avant 60 ans.
- Le droit de changer à tout moment d'assurance de prêt immobilier s'applique aux offres émises depuis le 1er juin 2022 et aux contrats en cours depuis le 1er septembre 2022.
- La banque a 10 jours ouvrés, à compter de la réception du nouveau contrat, pour répondre ; elle ne peut pas refuser un contrat aux garanties équivalentes, et tout refus doit donner l'intégralité des motifs.
- Avant la loi Lemoine : choix de l'assureur à la souscription (loi Lagarde, 2010), changement pendant la première année (loi Hamon, contrats souscrits depuis le 26 juillet 2014), puis chaque année avant l'échéance (amendement Bourquin, contrats en cours depuis le 1er janvier 2018).
- Selon le CCSF, 496 654 demandes de substitution ont été recensées en 2024, contre 198 530 en 2021.
Un crédit immobilier se rembourse sur de longues années, et l’assurance qui le garantit court sur la même durée. Pendant longtemps, en changer supposait de respecter un calendrier. La loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, a supprimé cette contrainte. Elle a aussi retiré le questionnaire de santé pour une partie des emprunteurs et raccourci le droit à l’oubli. Voici ce que disent les textes, ce qu’ont fait les lois précédentes, et ce que montrent les premiers bilans officiels.
La loi Lemoine, c’est quoi ?
La loi Lemoine est la loi « pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur ». Elle est issue d’une proposition de loi, c’est-à-dire d’un texte d’origine parlementaire, comme le rappelle le rapport du Sénat du 19 janvier 2022, et porte le nom de son autrice, Patricia Lemoine. Ses trois mesures principales :
- la résiliation à tout moment de l’assurance d’un prêt immobilier, à condition que le nouveau contrat offre des garanties équivalentes ;
- la fin du questionnaire de santé quand la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le prêt se termine avant 60 ans ;
- un droit à l’oubli ramené à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, pour les cancers et l’hépatite virale C.
Loi assurance emprunteur : de la loi Lagarde à la loi Lemoine
La loi Lemoine est la quatrième étape d’une ouverture progressive du marché. Le commentaire officiel de la décision du Conseil constitutionnel du 12 janvier 2018 et le rapport du Sénat de 2022 retracent les mêmes jalons. Chaque date ci-dessous vient du texte lui-même.
| Date clé | Loi | Ce qu’elle a changé |
|---|---|---|
| 1er septembre 2010 | Loi Lagarde (n° 2010-737 du 1er juillet 2010) | Choix d’une autre assurance que celle de la banque, si ses garanties sont équivalentes au contrat de groupe ; refus motivé |
| 26 juillet 2014 (contrats souscrits depuis) | Loi Hamon (n° 2014-344 du 17 mars 2014) | Résiliation dans un délai de douze mois à compter de la signature de l’offre de prêt |
| 8 décembre 2016 | Loi Sapin 2 | Droit de résiliation annuel voté, puis censuré par le Conseil constitutionnel avant d’entrer en vigueur |
| 22 février 2017 (offres) et 1er janvier 2018 (contrats en cours) | Loi n° 2017-203 du 21 février 2017, dite amendement Bourquin | Résiliation chaque année, par lettre recommandée envoyée au moins deux mois avant la date d’échéance |
| 3 décembre 2020 | Loi ASAP | Article sur l’information des assurés censuré par le Conseil constitutionnel |
| 1er juin 2022 (offres) et 1er septembre 2022 (contrats en cours) | Loi Lemoine (n° 2022-270 du 28 février 2022) | Résiliation à tout moment ; fin du questionnaire de santé sous conditions |
Loi Lagarde. L’article L312-9 du Code de la consommation, dans sa version en vigueur à partir du 1er septembre 2010, interdit au prêteur de refuser « un autre contrat d’assurance dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent au contrat d’assurance de groupe qu’il propose ». Cette faculté « ne pouvait s’exercer qu’à l’occasion de l’octroi du financement », note le commentaire du Conseil constitutionnel.
Loi Hamon. Dans sa version issue de cette loi, l’article L113-12-2 du Code des assurances permet à l’assuré de résilier dans un délai de douze mois à compter de la signature de l’offre de prêt. Ces dispositions s’appliquent « aux contrats souscrits à compter du 26 juillet 2014 ».
Loi Sapin 2 et amendement Bourquin. Le texte de la loi Sapin 2 adopté par le Parlement « instaure un droit de résiliation annuel de l’assurance emprunteur ». Le Conseil constitutionnel l’a censuré le 8 décembre 2016, avant la promulgation de la loi : introduites en nouvelle lecture, ces dispositions avaient été « adoptées selon une procédure contraire à la Constitution ». Elle a été réintroduite par un amendement dont Martial Bourquin, rapporteur de la commission des affaires économiques du Sénat, était à l’origine. Devenue l’article 10 de la loi du 21 février 2017, elle s’applique aux offres émises à compter de la publication de la loi, le 22 février 2017, et, « à compter du 1er janvier 2018, aux contrats d’assurance en cours d’exécution à cette date ». Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel a jugé ce dispositif conforme le 12 janvier 2018, y compris son application aux contrats en cours.
Loi ASAP. La loi d’accélération et de simplification de l’action publique de 2020 contenait un article 115 qui « prévoit l’information des assurés sur les modalités de résiliation unilatérale d’un contrat d’assurance-emprunteur ». Le Conseil constitutionnel l’a déclaré contraire à la Constitution le 3 décembre 2020, faute de lien, même indirect, avec le projet de loi initial. La loi Lemoine impose depuis, à son article 3, une information annuelle de l’assuré par l’assureur.
Assurance prêt immobilier et nouvelle loi Lemoine : changer à tout moment
L’article 1 de la loi réécrit la règle de résiliation du Code des assurances et du Code de la mutualité. La formule « dans un délai de douze mois », qui courait à compter de la signature de l’offre de prêt, est remplacée par « à tout moment ».
Résiliation « dans un délai de douze mois » après la signature de l'offre, puis une fois par an, avec un préavis d'au moins deux mois avant l'échéance
Résiliation possible « à tout moment »
Le calendrier s’est fait en deux temps, fixé par l’article 8. La règle vaut pour les offres de prêt émises à partir du 1er juin 2022. Elle s’applique aussi, depuis le 1er septembre 2022, aux contrats d’assurance déjà en cours. Un prêt signé en 2015 est donc concerné au même titre qu’un prêt signé cette année. Économie.gouv.fr précise que cette résiliation se fait sans frais.
| Date | Ce qui s’applique | Texte |
|---|---|---|
| 1er juin 2022 | Résiliation à tout moment pour les nouvelles offres de prêt ; fin du questionnaire de santé sous conditions | Loi n° 2022-270, art. 8 et 10 |
| 1er septembre 2022 | Résiliation à tout moment étendue aux contrats en cours | Loi n° 2022-270, art. 8 |
| 17 avril 2026 | Publication des résultats de l’enquête de la DGCCRF | DGCCRF |
| 1er septembre 2026 | Premières mises en place prévues des engagements proposés par les assureurs (continuité de couverture, seuil de 200 000 €) | Avis du CCSF du 26 mai 2026 |
| 1er janvier 2027 | Généralisation prévue de la continuité de couverture | Avis du CCSF |
| 1er juin 2027 | Généralisation prévue du calcul harmonisé du seuil de 200 000 € | Avis du CCSF |
Les conditions de la loi Lemoine : l’équivalence des garanties
Changer d’assureur ne veut pas dire choisir n’importe quel contrat. Selon l’article L313-30 du Code de la consommation, le prêteur ne peut pas refuser un autre contrat « dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent ». La contrepartie : un refus doit être explicite et comporter l’intégralité de ses motifs.
Pour mesurer cette équivalence, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a établi une liste de critères dans un avis de janvier 2015. Chaque banque en retient au plus 11 pour les garanties décès, perte d’autonomie, invalidité et incapacité, et au plus 4 pour la perte d’emploi, rappellent Service-Public et La finance pour tous. Ces critères figurent sur les documents remis lors de la demande de crédit : la fiche standardisée d’information et la fiche personnalisée. Ils servent de grille de comparaison : durée de couverture, franchise en cas d’arrêt de travail, prise en charge des affections du dos, par exemple.
Quels sont les prêts concernés par la loi Lemoine ?
Le droit de résilier à tout moment, prévu par l’article L113-12-2 du Code des assurances, vise l’assurance qui garantit un contrat de crédit « mentionné au 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation ». La suppression du questionnaire de santé renvoie au même périmètre. L’article L313-1 y range les crédits destinés à financer :
- l’achat, en propriété ou en jouissance, d’un logement ou d’un local à usage à la fois professionnel et d’habitation, y compris lorsque le prêt finance aussi des travaux sur ce bien ;
- la souscription ou l’achat de parts ou d’actions de sociétés donnant vocation à l’attribution d’un tel bien ;
- la construction d’un tel bien, et l’achat d’un terrain destiné à cette construction.
Ces prêts sont concernés quelle que soit leur date de signature, puisque la loi s’applique aussi aux contrats en cours depuis le 1er septembre 2022.
Et les prêts d’une SCI ? Les textes ne nomment pas les sociétés civiles immobilières. L’article L313-1 étend les règles du crédit immobilier aux crédits souscrits par des « personnes morales de droit privé », mais seulement « lorsque le crédit accordé n’est pas destiné à financer une activité professionnelle, notamment celle des personnes morales qui, à titre habituel, même accessoire à une autre activité, ou en vertu de leur objet social, procurent, sous quelque forme que ce soit, des immeubles […] ». La rédaction n’a trouvé aucune mention des SCI dans la fiche de Service-Public, la page d’economie.gouv.fr ni l’avis du CCSF de mai 2026 : aucune des sources officielles consultées ne tranche ce cas.
Ce que la banque doit faire, et ne peut pas faire
La loi encadre la réponse du prêteur. Selon l’article L313-31, quand l’emprunteur résilie au titre de l’article L113-12-2, le prêteur notifie sa décision « dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception d’un autre contrat d’assurance ». S’il accepte, il modifie le contrat de crédit par avenant, dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution, sans frais supplémentaires.
Surtout, l’article L313-32 interdit au prêteur, en contrepartie de son acceptation, de « modifier le taux, qu’il soit fixe, variable ou révisable », ou les conditions d’octroi du crédit, y compris son mode d’amortissement. Changer d’assurance ne peut donc pas servir de prétexte pour revoir le prêt lui-même.
L’information est elle aussi imposée. L’article 3 de la loi oblige l’assureur à informer l’assuré chaque année, sur papier ou sur un autre support durable, de son droit de résiliation et de ses modalités. Service-Public mentionne aussi un rappel annuel par l’organisme prêteur.
Enfin, l’article 7 prévoit des sanctions. Un prêteur qui ne respecte pas les règles de substitution des articles L313-30 à L313-32 s’expose à une amende administrative plafonnée à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. Les mêmes plafonds s’appliquent à l’assureur qui manque à son obligation d’information annuelle (article 3).
professionnels contrôlés par la DGCCRF en 2023 et 2024 présentaient au moins un manquement aux règles contrôlées, soit environ 25 %.
Banques, assureurs et courtiers confondus, selon l’enquête publiée le 17 avril 2026. Bilan : un procès-verbal pénal, six procès-verbaux administratifs, dont cinq pour non-respect du délai de dix jours ouvrés, et quatre injonctions de mise en conformité.
La DGCCRF relève des progrès : un professionnel qui traitait les demandes en 42 jours en 2021 respecte désormais le délai légal. Elle constate que les refus définitifs se concentrent aujourd’hui sur l’absence d’équivalence des garanties. Elle note aussi qu’une banque continuait d’imposer un questionnaire de santé là où la loi l’interdit, ce qui lui a valu un procès-verbal pénal pour pratique commerciale trompeuse.
Courrier loi Lemoine : les démarches auprès de l’assureur et de la banque
La loi ne prévoit pas un courrier unique, mais deux démarches, que décrit Service-Public : une demande de substitution auprès du prêteur, avec le nouveau contrat, et une demande de résiliation auprès de l’assureur actuel.
Pour la résiliation, l’article L113-14 du Code des assurances laisse le choix du moyen : « par lettre ou tout autre support durable », par déclaration au siège ou chez le représentant de l’assureur, par acte extrajudiciaire, par le même mode de communication à distance lorsque l’assureur propose de conclure des contrats de cette façon, ou par tout autre moyen prévu par le contrat. L’assureur confirme par écrit la réception.
Une fois la banque décidée, l’article L113-12-2 impose un second envoi : l’assuré notifie à l’assureur, « par lettre recommandée ou par envoi recommandé électronique », la décision du prêteur et la date de prise d’effet du nouveau contrat. La résiliation prend effet dix jours après la réception de cette décision par l’assureur, ou à la date d’effet du nouveau contrat si elle est plus tardive. En cas de refus du prêteur, le contrat d’assurance n’est pas résilié.
La fin du questionnaire de santé : 200 000 € et 60 ans
L’article 10 a créé l’article L113-2-1 du Code des assurances, entré en vigueur le 1er juin 2022. Pour un crédit immobilier, l’assureur ne peut solliciter « aucune information relative à l’état de santé ni aucun examen médical » si deux conditions sont réunies : la part assurée sur l’encours cumulé des crédits n’excède pas 200 000 € par assuré, et le crédit arrive à échéance avant le 60e anniversaire de l’assuré. Le même article permet à un décret en Conseil d’État de fixer des conditions plus favorables.
La limite d’âge pèse lourd. Dans le communiqué du 15 janvier 2024 présentant son bilan, le CCSF relevait qu’avec l’allongement de la durée des crédits, le plafond des 60 ans « réduit de manière significative » le champ de la mesure.
Le calcul de cet « encours cumulé » varie encore d’un assureur à l’autre. Selon l’avis du CCSF du 26 mai 2026, la plupart des acteurs ne retiennent que les crédits immobiliers assurés, mais certains y ajoutent des prêts à la consommation ou professionnels. Les assureurs ont proposé de s’engager à ne compter que les crédits immobiliers, avec une mise en place prévue à partir du 1er septembre 2026 et au plus tard le 1er juin 2027 pour tout le marché.
Le droit à l’oubli ramené à 5 ans
L’article 9 fixe une règle nette : aucune information médicale sur les pathologies cancéreuses et l’hépatite virale C ne peut être recueillie par l’assureur au-delà de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. La convention AERAS précise deux conditions : l’absence de rechute, et une échéance du contrat d’assurance avant le 71e anniversaire de l’emprunteur. Dans ce cas, l’antécédent n’a pas à être déclaré, et l’assurance est accordée sans surprime ni exclusion liée à cette maladie.
Ce que disent les chiffres officiels
Le CCSF suit le marché depuis la réforme. Son avis de mai 2026 donne les données 2024 des établissements bancaires.
Source : CCSF, avis du 26 mai 2026 (2026)
Le nombre de demandes a donc été multiplié par 2,5 en trois ans. La part de marché des assureurs alternatifs, elle, a progressé plus lentement.
Le point de vigilance : le « trou de couverture »
Changer de contrat peut créer une période où aucun assureur ne paie. Le CCSF décrit le cas d’un emprunteur mis en arrêt de travail pendant la franchise, avant que le nouveau contrat prenne effet. L’ancien assureur peut refuser d’indemniser, et le nouveau ne couvre pas un sinistre antérieur à son contrat.
Les assureurs ont proposé de s’engager, sans obligation légale, à supprimer ces ruptures. Si l’arrêt de travail a été déclaré pendant la franchise, l’assureur d’origine maintiendrait sa couverture. Pour un assuré déjà indemnisé, ce maintien ne vaudrait que si le nouveau contrat est souscrit sans questionnaire de santé. Leur mise en place est prévue à partir du 1er septembre 2026, avec une généralisation au plus tard le 1er janvier 2027. Le CCSF prévoit d’en faire le bilan. Les associations de consommateurs, citées dans l’avis, redoutent toutefois des trous persistants, liés à une nouvelle franchise ou à des délais de carence dans le nouveau contrat.
Vos questions
Qu'est-ce que la loi Lemoine ?
C'est la loi n° 2022-270 du 28 février 2022 « pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l'assurance emprunteur ». Elle permet de résilier à tout moment l'assurance d'un prêt immobilier, supprime le questionnaire de santé sous deux conditions et ramène le droit à l'oubli à cinq ans pour les cancers et l'hépatite virale C.
Quelles sont les conditions de la loi Lemoine ?
Pour changer d'assurance, le Code de la consommation pose une condition : le nouveau contrat doit présenter un niveau de garantie équivalent, apprécié à partir des critères annoncés par la banque. Pour échapper au questionnaire de santé, deux conditions cumulées : part assurée de 200 000 € au plus par personne, et prêt remboursé avant le 60e anniversaire.
Quels sont les prêts concernés par la loi Lemoine ?
Les crédits immobiliers visés au 1° de l'article L313-1 du Code de la consommation : achat ou construction d'un logement (ou d'un local mixte habitation et professionnel), parts de sociétés donnant vocation à son attribution, terrain à bâtir. Les offres émises depuis le 1er juin 2022 et les contrats en cours depuis le 1er septembre 2022 sont concernés.
La loi Lemoine s'applique-t-elle au prêt d'une SCI ?
Les textes ne nomment pas les SCI. Le Code de la consommation n'étend les règles du crédit immobilier aux personnes morales de droit privé que si le crédit n'est pas destiné à financer une activité professionnelle. La rédaction n'a trouvé aucune position officielle sur les SCI (Service-Public, economie.gouv.fr, CCSF) ; le point se vérifie dans le contrat de prêt et auprès du prêteur.
Loi Lemoine et 200 000 euros : comment se lit ce seuil ?
Il porte sur la part assurée, par personne, sur l'encours cumulé des crédits. Un prêt de 300 000 € assuré à 50 % sur deux têtes donne 150 000 € par personne. L'avis du CCSF du 26 mai 2026 relève que les assureurs ne comptent pas tous les mêmes crédits dans cet encours.
Quand la loi Sapin 2 sur l'assurance emprunteur est-elle entrée en vigueur ?
Jamais, pour cette partie. Le droit de résiliation annuel voté dans la loi Sapin 2 a été censuré par le Conseil constitutionnel le 8 décembre 2016, pour une raison de procédure. Il a été repris par la loi du 21 février 2017 : offres émises depuis sa publication, le 22 février 2017, et contrats en cours depuis le 1er janvier 2018.
Que dit la loi Bourquin sur l'assurance emprunteur ?
L'amendement Bourquin, devenu l'article 10 de la loi du 21 février 2017, a ouvert un droit de résiliation chaque année, par lettre recommandée envoyée au moins deux mois avant la date d'échéance du contrat (article L113-12 du Code des assurances). Le Conseil constitutionnel l'a jugé conforme le 12 janvier 2018. La loi Lemoine l'a remplacé par la résiliation à tout moment.
Que prévoyait la loi ASAP pour l'assurance emprunteur ?
Son article 115 prévoyait l'information des assurés sur la résiliation de l'assurance emprunteur. Le Conseil constitutionnel l'a déclaré contraire à la Constitution le 3 décembre 2020, comme cavalier législatif. La loi Lemoine impose depuis, à son article 3, une information annuelle de l'assuré par l'assureur.
Quel courrier envoyer à l'assureur avec la loi Lemoine ?
Deux envois sont prévus. Une demande de résiliation à l'assureur, par lettre ou tout autre support durable, ou par l'un des autres moyens de l'article L113-14 du Code des assurances. Puis, une fois la banque décidée, l'envoi à l'assureur de la décision du prêteur et de la date d'effet du nouveau contrat, par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique.
Y a-t-il une nouvelle loi sur l'assurance emprunteur ?
Les articles clés restent ceux issus de la loi Lemoine : sur Légifrance, les articles L113-12-2 et L113-2-1 du Code des assurances sont en vigueur dans leur version du 1er juin 2022. Les changements annoncés pour 2026 et 2027 sont des engagements proposés par les assureurs devant le CCSF, sans obligation légale.
Nos sources
- ✓ La loi remplace « dans un délai de douze mois » par « à tout moment » (art. 1), impose une information annuelle de l'assuré par l'assureur (art. 3), impose un délai de dix jours ouvrés pour l'avenant (art. 5) et prévoit des amendes administratives jusqu'à 3 000 € (personne physique) et 15 000 € (personne morale) pour le prêteur (art. 7) comme pour l'assureur qui manque à l'information annuelle (art. 3). Loi n° 2022-270 du 28 février 2022, Légifrance , loi n° 2022-270, art. 1, 3, 5 et 7 (2022)
- ✓ Application aux nouvelles offres de prêt émises à compter du 1er juin 2022 et, à compter du 1er septembre 2022, aux contrats d'assurance en cours d'exécution à cette date. Loi n° 2022-270, article 8, Légifrance , loi n° 2022-270, art. 8 (2022)
- ✓ L'assuré peut résilier « à tout moment à compter de la signature de l'offre de prêt » le contrat qui garantit un crédit « mentionné au 1° de l'article L. 313-1 du code de la consommation » ; il notifie sa demande dans les conditions de l'article L113-14, puis la décision du prêteur par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique ; la résiliation prend effet dix jours après la réception par l'assureur de la décision du prêteur, ou à la date d'effet du nouveau contrat si elle est postérieure ; en cas de refus, le contrat n'est pas résilié. Version en vigueur depuis le 1er juin 2022. Code des assurances, art. L113-12-2, Légifrance , art. L113-12-2 du Code des assurances (2022)
- ✓ La résiliation peut être notifiée, au choix de l'assuré, par lettre ou tout autre support durable, par déclaration au siège ou chez le représentant de l'assureur, par acte extrajudiciaire, par le même mode de communication à distance lorsque l'assureur propose la conclusion de contrats par ce mode, ou par tout autre moyen prévu par le contrat ; le destinataire confirme par écrit la réception. Code des assurances, art. L113-14, Légifrance , art. L113-14 du Code des assurances (2023)
- ✓ Le chapitre du Code de la consommation sur le crédit immobilier vise (1°) les crédits destinés à financer l'acquisition en propriété ou en jouissance, ou la construction, d'immeubles à usage d'habitation ou à usage professionnel et d'habitation (y compris parts ou actions de sociétés donnant vocation à leur attribution, et travaux liés), ainsi que l'achat de terrains à bâtir ; il s'applique aussi (3°) aux crédits du 1° souscrits par les personnes morales de droit privé lorsque le crédit n'est pas destiné à financer une activité professionnelle. Code de la consommation, art. L313-1, Légifrance , art. L313-1 du Code de la consommation (2016)
- ✓ Aucune information de santé ni examen médical si la part assurée sur l'encours cumulé n'excède pas 200 000 € par assuré et si le crédit arrive à échéance avant le 60e anniversaire ; un décret en Conseil d'État peut définir des conditions plus favorables ; entrée en vigueur le 1er juin 2022. Loi n° 2022-270, article 10 (art. L113-2-1 du Code des assurances), Légifrance , art. L113-2-1 du Code des assurances (2022)
- ✓ Aucune information médicale sur les pathologies cancéreuses et l'hépatite virale C au-delà de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique. Loi n° 2022-270, article 9, Légifrance , loi n° 2022-270, art. 9 (2022)
- ✓ Le prêteur ne peut refuser un autre contrat d'assurance présentant un niveau de garantie équivalent ; tout refus est explicite et comporte l'intégralité des motifs. Code de la consommation, art. L313-30, Légifrance , art. L313-30 (2022)
- ✓ En cas de résiliation au titre de l'article L113-12-2, le prêteur notifie sa décision dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception d'un autre contrat d'assurance ; avenant au contrat de crédit sans frais supplémentaires. Code de la consommation, art. L313-31, Légifrance , art. L313-31 (2022)
- ✓ Le prêteur ne peut modifier le taux, fixe, variable ou révisable, ni les conditions d'octroi du crédit, y compris son mode d'amortissement, ni exiger de frais supplémentaires. Code de la consommation, art. L313-32, Légifrance , art. L313-32 (2022)
- ✓ Version de l'article L312-9 en vigueur du 1er septembre 2010 au 19 mars 2014, modifiée par la loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010 (art. 21) : le prêteur ne peut pas refuser un autre contrat d'assurance présentant un niveau de garantie équivalent au contrat de groupe qu'il propose ; tout refus doit être motivé ; il ne peut pas modifier les conditions de taux en contrepartie. Code de la consommation, art. L312-9 (version du 1er septembre 2010), Légifrance , loi n° 2010-737 du 1er juillet 2010, art. 21 (2010)
- ✓ Version de l'article L113-12-2 issue de la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 (art. 54) : résiliation dans un délai de douze mois à compter de la signature de l'offre de prêt ; « Conformément à l'article 54 VI de la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014, ces dispositions sont applicables aux contrats souscrits à compter du 26 juillet 2014. » Code des assurances, art. L113-12-2 (version du 19 mars 2014), Légifrance , loi n° 2014-344 du 17 mars 2014, art. 54 (2014)
- ✓ L'article 10 ouvre à l'emprunteur le droit de résiliation annuel de l'article L113-12 du Code des assurances (refus motivé) ; il s'applique aux offres de prêts émises à compter de la publication de la loi et, à compter du 1er janvier 2018, aux contrats d'assurance en cours d'exécution à cette date. Publication au Journal officiel le 22 février 2017. Loi n° 2017-203 du 21 février 2017, article 10, Légifrance , loi n° 2017-203, art. 10 (2017)
- ✓ Le paragraphe III de l'article 82 de la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique « instaure un droit de résiliation annuel de l'assurance emprunteur » ; introduit en nouvelle lecture, il a été adopté selon une procédure contraire à la Constitution (paragr. 120). Conseil constitutionnel, décision n° 2016-741 DC du 8 décembre 2016 (2016)
- ✓ Le droit de résiliation annuel de l'article L313-30 et son application aux contrats en cours au 1er janvier 2018 (paragraphe V de l'article 10 de la loi n° 2017-203) sont déclarés conformes à la Constitution ; ces dispositions « permettent à un assuré de résilier un contrat d'assurance tous les ans en adressant une lettre recommandée au moins deux mois avant la date d'échéance » (paragr. 11). Conseil constitutionnel, décision n° 2017-685 QPC du 12 janvier 2018 (2018)
- ✓ Historique : loi Lagarde (n° 2010-737), loi Hamon (n° 2014-344, droit de substitution pendant la première année), loi Sapin II du 9 décembre 2016 (droit annuel censuré le 8 décembre 2016), réintroduction par l'article 10 de la loi du 21 février 2017 sur un amendement porté par Martial Bourquin, rapporteur au Sénat. Conseil constitutionnel, commentaire de la décision n° 2017-685 QPC (2018)
- ✓ Sont contraires à la Constitution plusieurs articles de la loi d'accélération et de simplification de l'action publique, dont l'article 115, qui « prévoit l'information des assurés sur les modalités de résiliation unilatérale d'un contrat d'assurance-emprunteur ». Conseil constitutionnel, décision n° 2020-807 DC du 3 décembre 2020 (2020)
- ✓ La loi Lagarde de 2010 a permis de choisir, à la souscription du prêt, une autre assurance que celle du banquier ; la loi Hamon de 2014, de changer pendant la première année ; l'amendement Bourquin de 2017, de résilier chaque année (le rapport écrit « dans les deux mois qui précèdent la date d'échéance » ; le texte applicable, l'article L113-12 du Code des assurances, exige une lettre envoyée « au moins deux mois avant la date d'échéance »). Les dispositions sur l'assurance emprunteur reprises dans la loi « ASAP » ont été censurées par le Conseil constitutionnel ; le texte examiné est une proposition de loi, dont les débats reproduits dans le rapport évoquent le « texte de Patricia Lemoine ». Sénat, rapport n° 367 (2021-2022) sur la proposition de loi pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l'assurance emprunteur, déposé le 19 janvier 2022 (2022)
- ✓ Changement d'assureur à tout moment après la signature ; 11 critères maximum (décès, perte d'autonomie, invalidité, incapacité) et 4 pour la perte d'emploi ; pas de questionnaire de santé à 200 000 € ou moins par assuré et remboursement avant 60 ans ; demande de résiliation à l'assureur et demande de substitution au prêteur. Service-Public.fr, fiche F1671 (vérifiée le 20 mai 2025) (2025)
- ✓ Tous les emprunteurs, y compris avec un contrat en cours, peuvent changer d'assurance à tout moment depuis le 1er septembre 2022 ; la loi Lemoine permet de résilier sans frais ; la banque ne peut pas modifier les conditions du prêt. economie.gouv.fr, « Achat immobilier : pouvez-vous changer d'assurance emprunteur ? » (2025)
- ✓ Liste de critères d'équivalence établie par le CCSF (avis du 13 janvier 2015) ; chaque banque en retient 11 pour ses exigences minimales, plus 4 pour la perte d'emploi, reportés sur la fiche standardisée d'information. La finance pour tous, « la fiche standardisée d'information » (2015)
- ✓ Demandes de substitution en hausse de plus de 80 % entre 2021 et le premier semestre 2023 ; le plafond des 60 ans réduit de manière significative le champ de la suppression du questionnaire de santé. CCSF, communiqué du 15 janvier 2024 sur le bilan de la loi Lemoine (2024)
- ✓ 496 654 demandes de substitution en 2024 (198 530 en 2021), 93,91 % acceptées ; part des assureurs alternatifs passée de 16 % (2021) à 17,48 % (2024) ; 85 contrats sur 139 analysés par l'ACPR prévoient l'arrêt des prestations en cas de résiliation ; engagements proposés par les assureurs à partir du 1er septembre 2026. CCSF, avis du 26 mai 2026 sur les contrats d'assurance emprunteur (Banque de France) (2026)
- ✓ Enquête 2023-2024 auprès de 61 professionnels : 15 en anomalie, 1 procès-verbal pénal, 6 procès-verbaux administratifs (dont 5 pour non-respect du délai de 10 jours), 4 injonctions. DGCCRF, « Les banques plus promptes à accepter les changements d'assurance emprunteur », 17 avril 2026 (2026)
- ✓ Droit à l'oubli : fin du protocole thérapeutique depuis plus de 5 ans et absence de rechute ; contrat arrivant à échéance avant le 71e anniversaire. Convention AERAS, « Le droit à l'oubli » (2026)
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