Depuis le 11 août 2026, une entreprise ne peut plus vous démarcher par téléphone sans votre accord préalable, donné par un acte positif clair. C'est la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, qui réécrit l'article L223-1 du Code de la consommation. Deux exceptions : un appel lié à un contrat en cours, et la vente d'abonnements à des journaux ou magazines. Votre accord vaut un an au plus. Bloctel a fermé. Un appel non consenti se signale sur SignalConso.
- Sans votre accord préalable, le démarchage téléphonique commercial est interdit dans tous les secteurs, sauf contrat en cours ou vente de journaux et magazines.
- Votre accord vaut un an au maximum, sans renouvellement tacite, et se retire à tout moment, même à l'oral.
- Bloctel a fermé le 11 août 2026 : il n'y a plus rien à faire pour être protégé, seulement à signaler les abus.
Pendant des années, se protéger des appels commerciaux demandait une démarche : inscrire son numéro sur Bloctel, puis espérer que la liste soit respectée. Depuis le 11 août 2026, la logique est inversée. Une entreprise ne peut plus vous démarcher par téléphone si vous n’avez pas donné votre accord avant. C’est l’effet de l’article 13 de la loi du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, précisé par un décret du 23 juillet 2026.
Pourquoi la règle a changé
Les signalements, eux, ont explosé. Selon le bilan d’activité 2025 de la DGCCRF, la plateforme SignalConso a reçu 113 926 signalements liés au démarchage téléphonique en 2025, contre 27 974 en 2023 : un volume multiplié par quatre en deux ans, bien plus vite que l’ensemble des signalements, multiplié par 1,7 sur la même période (de 275 564 à 461 936).
Source : DGCCRF, bilan d'activité 2025 (2026)
En 2025, le démarchage téléphonique représente donc près d’un quart des 461 936 signalements reçus, selon notre calcul à partir des chiffres de la DGCCRF. Dans ce bilan, l’administration indique que c’est « sur la réglementation » qu’elle a choisi d’intervenir, en interdisant le démarchage sauf accord préalable du consommateur.
signalements pour démarchage téléphonique reçus par SignalConso en 2025, soit près d'un signalement sur quatre.
Calcul de la rédaction : 113 926 signalements de démarchage sur 461 936 signalements au total en 2025, d’après le bilan d’activité de la DGCCRF.
Ce que dit désormais la loi
Le nouvel article L223-1 du Code de la consommation pose le principe en une phrase : il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par un tiers, un consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement à être prospecté par ce moyen. Le texte vise tous les secteurs, sous deux exceptions détaillées plus bas.
Ce consentement a une définition précise. Il doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, et passer par « un acte positif clair ». Votre silence ne vaut pas accord. Surtout, c’est au professionnel de prouver qu’il a bien recueilli votre accord, pas à vous de prouver que vous ne l’avez pas donné.
Sauf inscription sur Bloctel, ou démarchage pour des travaux d'économies d'énergie, chacun pouvait être appelé.
Sauf contrat en cours ou vente de journaux et magazines, personne ne peut être démarché sans son accord préalable.
Deux situations échappent à cette interdiction. La première est l’appel lié à un contrat en cours, à condition qu’il ait un rapport avec l’objet de ce contrat. Votre fournisseur peut, par exemple, vous proposer une option ou un service complémentaire. La seconde concerne la vente d’abonnements à des journaux, des périodiques ou des magazines, que le Code laisse en dehors de la règle, comme le rappelle Service-Public.
Ce que doit contenir la demande d’accord
Le décret du 23 juillet 2026 encadre la manière de vous demander votre accord. La demande doit être claire et indiquer l’identité du professionnel, la nature des biens ou services concernés, la durée de l’accord et la possibilité de le retirer. Cette durée ne peut pas dépasser un an à compter du recueil, et l’accord ne peut pas être renouvelé tacitement.
Le retrait ne peut pas être plus compliqué que le recueil. Selon Service-Public, il peut se faire simplement à l’oral, y compris pendant un appel. Le professionnel, lui, doit conserver la preuve de votre accord pendant trois ans, et vous la fournir gratuitement si vous la demandez.
L’accord ne donne pas pour autant le droit d’appeler n’importe quand. Le démarchage reste limité du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 20 heures, jamais le week-end ni les jours fériés. Le professionnel ne peut sortir de ces créneaux que si vous avez accepté explicitement un rendez-vous téléphonique à une date et une heure précises, et qu’il peut en attester. Un même professionnel ne peut pas non plus vous appeler, ni même tenter de vous appeler, plus de quatre fois sur 30 jours, selon l’article D223-9 du Code de la consommation.
| Point | Jusqu’au 10 août 2026 | Depuis le 11 août 2026 |
|---|---|---|
| Principe | Appel permis, sauf inscription sur Bloctel | Appel interdit, sauf accord préalable |
| Votre démarche | S’inscrire sur Bloctel | Aucune, sauf pour retirer un accord |
| Durée | Celle de l’inscription sur Bloctel | Accord d’un an au plus, sans renouvellement tacite |
| Preuve | Rien à prouver : le professionnel devait vérifier ses fichiers auprès de Bloctel | Le professionnel doit prouver votre accord |
| Contrat en cours | Appel permis s’il a un rapport avec le contrat | Inchangé |
| Économies d’énergie, énergies renouvelables | Interdit, sauf contrat en cours | Toujours interdit, même avec votre accord, sauf contrat en cours |
| Adaptation du logement au vieillissement ou au handicap | Règles générales (Bloctel) | Interdit, même avec votre accord, sauf contrat en cours |
Des secteurs fermés, même avec votre accord
Pour certains secteurs, l’accord ne change rien. Le nouvel article L223-1 interdit toute prospection téléphonique pour des travaux, équipements ou services visant à adapter un logement au vieillissement ou au handicap, à réaliser des économies d’énergie ou à produire des énergies renouvelables. L’interdiction pour l’énergie existait déjà depuis 2020 ; celle qui vise l’adaptation du logement est nouvelle. Deux exceptions seulement : un contrat déjà en cours, ou un rappel qui répond à votre propre demande d’information, passé dans les cinq jours ouvrables et limité à ce que vous avez demandé (article R223-4). En dehors de ces cas, un appel qui vous propose une isolation, une pompe à chaleur ou des panneaux solaires est irrégulier, quoi que l’interlocuteur affirme.
Ce que risque le professionnel
Les sanctions sont de deux ordres. Sur le plan administratif, l’article L242-16 prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. La DGCCRF indique avoir notifié plus de 11 millions d’euros d’amendes en 2025 à des opérateurs qui ne respectaient pas les règles du démarchage téléphonique.
Sur le plan civil, la conséquence est plus directe pour vous : tout contrat conclu à la suite d’un démarchage téléphonique irrégulier est nul. La loi maintient une présomption utile. L’entreprise qui a tiré profit d’appels illégaux est présumée responsable, sauf si elle démontre qu’elle n’en est pas à l’origine. Confier les appels à un sous-traitant ne suffit donc pas, en soi, à l’exonérer.
Si un appel ne respecte pas les règles
La fin de Bloctel ne laisse pas le consommateur sans recours. Le site Bloctel renvoie désormais vers les règles de la DGCCRF. Si vous recevez un appel commercial sans avoir donné votre accord, la DGCCRF invite à le signaler sur SignalConso, à exiger de l’entreprise la suppression de vos données et à conserver les preuves de l’appel. Notez le numéro, la date, l’heure et le nom de l’entreprise citée.
Les appels et SMS frauduleux suivent un autre circuit. Selon la fiche de Service-Public, le 33 700 est la plateforme officielle de lutte contre les spams vocaux et par SMS. Pour un SMS, il suffit de le transférer au 33 700. Pour un appel, envoyez au 33 700 un SMS avec les mots « spam vocal » suivis du numéro qui vous a appelé, ou passez par le site 33700.fr. Si le problème concerne l’utilisation de vos données personnelles et que l’entreprise ne donne pas suite à votre demande, une plainte auprès de la Cnil reste possible.
Vos questions
Je m'étais inscrit sur Bloctel : dois-je faire quelque chose ?
Non. Bloctel a fermé le 11 août 2026. Selon Service-Public, l'inscription n'est plus nécessaire pour être protégé : sans votre accord préalable, l'appel commercial est interdit par défaut.
Combien de temps mon accord reste-t-il valable ?
Un an au maximum à compter de son recueil, selon le décret du 23 juillet 2026. Il ne peut pas être renouvelé tacitement, et vous pouvez le retirer à tout moment, y compris à l'oral pendant un appel.
Mon opérateur téléphonique peut-il encore m'appeler ?
Oui, s'il est lié à vous par un contrat en cours et que l'appel a un rapport avec l'objet de ce contrat, par exemple pour une option complémentaire. En dehors de ce cadre, il lui faut votre accord préalable.
J'ai signé un contrat après un appel non consenti : que dit la loi ?
L'article L223-1 du Code de la consommation prévoit que tout contrat conclu à la suite d'un démarchage téléphonique réalisé en violation de ces règles est nul.
Les SMS publicitaires sont-ils concernés ?
Les SMS relèvent d'une autre règle (article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques), déjà fondée sur l'accord préalable, avec une exception pour les clients et les produits analogues. Un SMS abusif ou frauduleux se signale en le transférant au 33 700.
Nos sources
- ✓ L'article 13 de la loi réécrit notamment les articles L223-1, L223-2, L223-5 et L221-16 du Code de la consommation et abroge L223-3 et L223-4 ; ces dispositions entrent en vigueur le 11 août 2026. Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, article 13, Légifrance , Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, art. 13 (2025)
- ✓ Interdiction de démarcher sans consentement préalable, définition du consentement, preuve à la charge du professionnel, exception du contrat en cours, interdiction sectorielle (logement, énergie), présomption de responsabilité, nullité du contrat. Code de la consommation, articles L223-1 à L223-7, version en vigueur au 11 août 2026, Légifrance , Code de la consommation, art. L223-1 à L223-7 (2026)
- ✓ Après un démarchage par téléphone, le professionnel envoie une confirmation de l'offre ; le consommateur n'est engagé qu'après l'avoir signée et acceptée sur support durable. Code de la consommation, articles L221-16 et L221-17, Légifrance , Code de la consommation, art. L221-16 (2026)
- ✓ Contenu de la demande de consentement, durée maximale d'un an, conservation de la preuve pendant trois ans, retrait pas plus complexe que le recueil, rappel sur demande d'information du consommateur (R223-4), entrée en vigueur le 11 août 2026. Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, Légifrance (2026)
- ✓ Amende administrative jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale en cas de manquement aux articles L223-1 à L223-5. Code de la consommation, article L242-16, Légifrance , Code de la consommation, art. L242-16 (2020)
- ✓ Démarchage limité du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h ; interdiction de démarcher ou de tenter de démarcher un même consommateur plus de quatre fois sur trente jours calendaires. Code de la consommation, article D223-9, version issue du décret n° 2026-662, Légifrance , Code de la consommation, art. D223-9 (2026)
- ✓ Jusqu'au 10 août 2026, l'interdiction sectorielle de L223-1 visait seulement les économies d'énergie et les énergies renouvelables ; la présomption de responsabilité et la nullité du contrat existaient déjà. Code de la consommation, articles L223-1 et suivants, version en vigueur jusqu'au 10 août 2026, Légifrance , Loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 (2020)
- ✓ Les contrats portant sur les services financiers sont exclus du chapitre qui contient l'article L221-16. Code de la consommation, article L221-2, Légifrance , Code de la consommation, art. L221-2 (2026)
- ✓ Interdiction de principe depuis le 11 août 2026, deux cas autorisés, jours et horaires d'appel, exception des journaux et magazines, fin de Bloctel, signalement sur Signal Conso. Service-Public, actualité du 21 juillet 2026 mise à jour le 11 août 2026 (2026)
- ✓ Inscription sur Bloctel plus nécessaire depuis le 11 août 2026 ; signalement au 33 700 ; plainte possible auprès de la Cnil ; nullité du contrat. Service-Public, fiche « Démarchage téléphonique abusif, spam vocal ou par SMS : que faire ? », vérifiée le 12 août 2026 (2026)
- ✓ Quatre appels au plus sur 30 jours, secteurs interdits même avec accord, preuve conservée trois ans, signalement SignalConso et 33 700 (« spam vocal » suivi du numéro). economie.gouv.fr, « Comment se protéger du démarchage abusif ? » (2026)
- ✓ Le service Bloctel a pris fin avec l'entrée en vigueur, au 11 août 2026, du régime fondé sur le recueil préalable du consentement. Bloctel, site officiel (2026)
- ✓ Signalements SignalConso pour démarchage téléphonique : 27 974 en 2023, 51 870 en 2024, 113 926 en 2025 ; 461 936 signalements tous lieux et modes de vente confondus en 2025 ; plus de 11 millions d'euros d'amendes notifiées en 2025 pour démarchage téléphonique. DGCCRF, bilan d'activité 2025 (2026)
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